Le private equity ou capital investissement
La classe d'actifs la plus performante à long terme et moins volatile que la bourse
Le private equity est l'investissement en capital dans des entreprises non cotées en bourse. Cette classe d'actifs affiche une performance long terme supérieure à 12 % nette de frais en moyenne pour le capital investissement français sur la période 2015-2024, et reste moins volatile que les marchés cotés. Elle est éligible au report d'imposition 150-0 B ter et au PEA-PME.
1) Principe général
Le capital investissement (private equity) désigne l'ensemble des opérations financières par lesquelles des fonds d'investissement prennent des participations dans des entreprises non cotées en bourse, avec l'objectif de créer de la valeur puis de revendre leur participation avec une plus-value, au terme de 3 à 7 ans en moyenne.
On distingue quatre formes de capital investissement, selon le stade de développement de l'entreprise.
- le capital risque (venture capital) : concerne les jeunes pousses et les entreprises innovantes en phase de lancement ou de croissance rapide. Elles ne sont pas encore rentables. Il s'agit notamment de startups technologiques (biotech, logiciels, cleantech, fintech, etc.). Le fort potentiel de croissance de ces sociétés s'accompagne d'un niveau de risque très élevé et d'une durée de détention supérieure (5 à 10 ans) ;
- le capital développement (growth capital) : porte sur des PME ou ETI déjà rentables, en phase de croissance organique ou externe (nouveaux marchés, filiales à l'étranger, développement commercial, digitalisation) et offrant des perspectives de croissance solides ;
- le capital transmission (leveraged buy out) : consiste à financer la reprise d'une entreprise mature et profitable, souvent à l'occasion d'un changement d'actionnariat (cession, succession, spin-off). La visibilité sur les cash-flows à venir permet de financer l'acquisition par un crédit bancaire sur environ la moitié du prix d'acquisition. En capital développement et transmission, la création de valeur se manifeste par de la croissance organique et externe permettant d'augmenter l'Excédent Brut d'Exploitation. Le prix de cession est calculé selon un multiple de l'EBE, représentant 11 à 13 fois l'EBE pour le capital transmission en Europe ;
- le capital retournement (distressed) : vise à sauver, restructurer et redresser des entreprises en difficulté, souvent en situation de pertes, de surendettement ou de crise de gouvernance.
2) Typologie des fonds
Autrefois réservé aux investisseurs institutionnels comme les fonds de pension, les family offices et les établissements financiers, le capital investissement est désormais accessible aux particuliers, avec des seuils d'investissement à partir de 10 à 100 000 €, selon les fonds.
Il faut distinguer plusieurs typologies de fonds.
- les Fonds Communs de Placement à Risques (FCPR) : soumis à l'agrément de l'AMF. Ils sont accessibles à partir de 10 à 30 000 € en général ;
- les Fonds Professionnels de Capital Investissement (FPCI) : non soumis à l'agrément de l'AMF. Ces derniers s'adressent à des investisseurs avertis plaçant au moins 100 000 € sur le fonds.
Les FCPR fiscaux bénéficient d'une fiscalité minorée sur la plus-value au terme de 5 ans et ne supportent que les prélèvements sociaux dont le taux actuel est de 17,2 %. Les FCPR non fiscaux et les FPCI sont soumis au taux du Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 %.
Les fonds grand public sont souvent proposés au sein des contrats d'assurance-vie de droit français et des PER. Les encours gérés par ces fonds sont importants. Les capitaux engagés sont débloqués en totalité dès le départ.
Les fonds gérés selon les critères des investisseurs institutionnels sont structurés à partir de fonds institutionnels mais ouverts aux particuliers. Les encours de ces fonds sont plus petits. Les capitaux engagés sont débloqués par tranches successives dès que le gestionnaire identifie des opportunités d'achat sur des sociétés. Les capitaux débloqués sont ainsi immédiatement investis, ce qui contribue à optimiser le taux de rendement interne. Les TRI cible de ces fonds sont inférieurs aux fonds institutionnels car les frais sont un peu plus importants. Ils restent néanmoins bien supérieurs aux TRI cible des fonds grand public. En effet, les critères des investisseurs institutionnels sont les plus exigeants de la place, avec des exigences de TRI net supérieur à 10 % par an. Même avec 2 à 2,5 points de TRI en moins, les fonds structurés pour les particuliers, gérés selon ces critères, peuvent raisonnablement afficher des TRI cible de 9 à 10 % par an, nets de frais et d'impôt.
3) Pourquoi investir en private equity ?
Selon une étude France-Invest et Ernst & Young réalisée sur les grandes classes d'actifs entre 2014 et 2024, le capital investissement français est la classe d'actifs la plus performante.
Performance comparée des grandes classes d'actifs sur 2014-2024 : le capital investissement français en tête. Source : étude France-Invest / Ernst & Young.
Selon cette même étude, le taux de rendement interne des fonds de private equity institutionnels, liquidés depuis 2008, représente 14,1 %. Ce TRI représente un taux de rendement annualisé, net des frais et hors fiscalité.
Taux de rendement interne du capital investissement institutionnel depuis l'origine : 14,1 % net annualisé. Source : étude France-Invest / Ernst & Young.
Le capital transmission est le segment le plus rentable du private equity depuis l'origine et sur les dix dernières années.
Performance par segment de capital investissement : le capital transmission, segment le plus rentable depuis l'origine. Source : étude France-Invest.
En outre, il convient de rappeler que le private equity est décorrélé des marchés boursiers tout en présentant une volatilité bien inférieure. Il présente une étanchéité au risque de crise systémique. Les sociétés non cotées sont valorisées selon des critères objectifs. Le prix de cession représente un coefficient multiplicateur de l'EBITDA, diminué de la dette globale et majoré de la trésorerie. Le coefficient moyen d'EBITDA en capital transmission varie entre 12 et 13 à la sortie.
Enfin, le private equity est beaucoup moins exposé à la hausse des taux d'intérêt que les investissements boursiers et obligataires. Cette classe d'actifs a démontré sa résilience en 2022, après la hausse brutale des taux d'intérêt tandis que les marchés obligataires cotés et les marchés boursiers étaient lourdement impactés.
Au-delà de ces historiques de performance et de cette décorrélation des marchés boursiers, il convient néanmoins de préciser que :
- les performances passées ne préjugent pas des performances futures ;
- le risque nul ne saurait exister ;
- tout investissement en private equity comporte un risque en capital.
4) Articulation avec d'autres outils patrimoniaux
Le private equity s'inscrit dans une famille plus large d'investissements non cotés, qui comprend également les tours de table où le capital privé finance des opérations de promotion ou de marchand de biens. Les chefs d'entreprise cédants constituent une part importante des investisseurs en private equity, soit pour réinvestir une fraction de leur produit de cession dans le cadre du dispositif d'apport-cession (article 150-0 B ter), soit pour diversifier leur patrimoine post-cession. Sur le plan de l'allocation, le PER permet désormais d'accéder à des fonds de private equity dans une enveloppe à fiscalité avantageuse. Au-delà de ces véhicules d'épargne, certains fonds comme les FCPI et les FIP ouvrent droit à des réductions d'impôt spécifiques au titre des niches fiscales.
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Demander un bilan patrimonial confidentielTexte à jour au 20 juin 2026, sous réserve des évolutions législatives ultérieures.