Actifs tangibles débancarisés

Réduire son exposition aux risques par la débancarisation partielle

Actifs tangibles débancarisés

1) Réduire le risque bancaire

Depuis la directive européenne BRRD, en cas de résolution bancaire, les pertes doivent d'abord être absorbées par les actionnaires et créanciers de la banque. En France, les dépôts sont garantis par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution jusqu'à 100 000 € par déposant et par établissement. Au-delà, les montants sont exposés dans la hiérarchie des créanciers.

À Chypre, en 2013, les dépôts inférieurs à 100 000 € ont été protégés tandis que ceux supérieurs ont été mis à contribution. Pour Bank of Cyprus, 37,5 % des dépôts au-delà de 100 000 € ont été convertis en actions, avec une partie supplémentaire bloquée. Ce précédent montre qu'un dépôt bancaire n'est pas un coffre-fort. Juridiquement, c'est une créance sur la banque.

Certains épargnants considèrent qu'il est imprudent de concentrer une part importante de leur patrimoine dans une seule banque. Ils peuvent craindre une faillite bancaire, un gel temporaire des retraits en cas de crise systémique, une crise de liquidité ou encore une cyberattaque paralysant les comptes.

Une débancarisation totale s'avérant compliquée autant que peu souhaitable en pratique, un investisseur possédant plus de 100 000 € par banque peut néanmoins légitimement s'interroger sur la façon de réduire le risque de contrepartie, de dépendance à une banque unique ou de surexposition à une seule catégorie d'actifs financiers.

2) Diversifier ses avoirs

La débancarisation permet de décorréler une partie de son patrimoine des marchés financiers et de le protéger en cas de choc systémique. Cette étanchéité d'une partie de son patrimoine permet de réduire le risque global même si le risque nul n'existe pas, quel que soit l'investissement.

Voici une liste non exhaustive d'actifs tangibles, situés en dehors du champ du système bancaire :

  • Immobilier ;
  • Métaux précieux physiques ;
  • Private equity ;
  • Œuvres d'art ;
  • Cryptomonnaies ;
  • Grands crus et vins de collection.

3) Protection contre l'inflation

Les tensions géopolitiques croissantes, l'accélération du débasement monétaire par les banques centrales occidentales depuis la crise des subprimes s'accompagnent de risques inflationnistes persistants et d'une redéfinition profonde des équilibres mondiaux. Laisser des liquidités importantes sur des comptes ou livrets faiblement rémunérés entraîne une perte de pouvoir d'achat ainsi qu'une érosion du capital par rapport à l'inflation.

Notre environnement financier se caractérise par des taux d'intérêts négatifs où le taux de rendement d'une majorité de placements bancaires traditionnels ne compensent plus le taux de l'inflation. Certains actifs débancarisés comme les métaux précieux offrent une valeur refuge contre l'inflation et les risques de crises systémiques sur les marchés financiers.

En savoir plus sur les pièges à éviter en sous-évaluant l'impact de l'inflation sur les taux de rendement réels

4) Recherche de confidentialité patrimoniale

Certaines personnes souhaitent limiter la visibilité de leur patrimoine financier. Elles peuvent préférer détenir des actifs immobiliers, investir par des sociétés ou acquérir des actifs non bancaires. Il ne s'agit pas de dissimulation fiscale, mais d'une volonté de ne pas concentrer toute leur richesse sur des comptes bancaires identifiables.

5) Protection contre la pression fiscale ou réglementaire

Compte tenu du dérapage incontrôlé de la dette et des déficits publics en France, un nombre croissant d'épargnants redoutent une taxation exceptionnelle du patrimoine, une hausse des prélèvements obligatoires ou un durcissement de la réglementation financière. Ils cherchent alors à diversifier la localisation juridique de leurs actifs.

L'article 49 de la loi Sapin II, publié le 10/12/2016, illustre ce risque réglementaire. Il donne le droit à l'État de bloquer les demandes de rachat et d'arbitrages en assurance-vie, notamment sur les fonds euros. Un tel scénario pourrait survenir suite à la hausse brutale des taux d'intérêt. Dans ce cas, beaucoup d'épargnants seraient tentés de solder leur fonds en euros devenus trop peu rentables. Les compagnies d'assurance seraient alors obligées de vendre des obligations achetées dans les années passées, moins rémunérées que les nouvelles. Ces ventes s'accompagneraient d'une moins-value.

Le capital sur un fonds euros étant garanti, les compagnies d'assurance ne pourraient alors pas faire supporter ces moins-values aux épargnants. La loi Sapin II protège d'abord les intérêts des compagnies d'assurances en les dispensant de rembourser les épargnants sur une période donnée. Le gel de la liquidité prévu par la loi Sapin II pourrait ainsi faire perdre aux épargnants une part importante sur leur capital dans un contexte où l'inflation pourrait continuer à s'amplifier, bien au-delà du taux de rendement net proposé par les fonds euros en assurance-vie. Un tel effet de ciseaux négatif serait dévastateur pour le capital des épargnants qui se retrouveraient piégés.

En savoir plus sur le risque caché des fonds euros en assurance-vie

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Texte à jour au 20 juin 2026, sous réserve des évolutions législatives ultérieures.