Plan d'Epargne Retraite (PER)

Un avantage fiscal efficient à partir d'un taux marginal d'imposition de 41 %

Plan d'Épargne Retraite (PER) — Cabinet Elite Asset Management, Paris

1) Principe

Le Plan d'Épargne Retraite Individuel (PERin) est le produit phare de la réforme de la retraite par capitalisation introduite par la loi Pacte en 2019. Il remplace progressivement les anciens dispositifs (PERP, Madelin, Article 83, Perco).

Ce contrat d'épargne est bloqué jusqu'à la retraite. Deux exceptions à cette règle : les accidents de la vie (décès du conjoint, invalidité, surendettement, liquidation judiciaire, fin de droits au chômage) et l'achat de la résidence principale. La sortie est possible en capital ou en rente viagère, l'option en capital étant plus intéressante dans la majorité des cas.

Le Plan d'Épargne Retraite permet aux salariés de déduire leurs versements jusqu'à 10 % des revenus de l'année précédente, dans la limite de 8 fois le Plafond Annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit environ 37 680 € en 2025 (PASS annuel = 47 100 €).

Le plafond de versement en PER pour les travailleurs non-salariés est plus important. Il peut monter jusqu'à 87 135 €. Il représente le plus élevé des montants suivants :

  • 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 fois le PASS, soit 376 800 € en 2025 ;
  • 15 % du bénéfice imposable compris entre 1 et 8 PASS (soit entre 47 100 € et 376 800 €) ;
  • 10 % du PASS, soit 4 710 € en 2025.

Prenons l'exemple d'un contribuable imposé à une TMI de 41 %. S'il verse 10 000 € en PER, il bénéficiera d'une économie d'impôt de 4 100 € en août ou septembre de l'année suivante.

2) Fiscalisation du capital et de la plus-value à la sortie

Trop souvent, les distributeurs des PER oublient de mentionner qu'une bonne partie de l'avantage fiscal à l'entrée est repris au moment de la sortie. Dans le cas d'une récupération des fonds sous forme de capital, la partie correspondant aux versements est fiscalisée à hauteur de la tranche marginale d'imposition au moment du rachat. À la retraite, la TMI de la majorité des investisseurs représente 30 %. La partie correspondant aux plus-values supporte le taux du Prélèvement Forfaitaire Unique, égal à 30 % à ce jour.

Malgré cette reprise de l'avantage fiscal à la sortie, le PER reste intéressant pour les contribuables dont la tranche marginale d'imposition (TMI) est d'au moins 41 %. À contrario, un investisseur avec une TMI à 30 % percevra un gain fiscal de 30 % sur le capital versé au départ mais subira une imposition du capital et de la plus-value de 30 % à la sortie. L'avance de l'avantage fiscal entre l'année de sa perception et celle de la sortie se révèle insuffisante dans ce cas.

L'univers d'investissement des PER d'assurance est souvent restreint pour les supports proposés. Le PER bancaire constitue une alternative plus ouverte sur le plan des supports.

3) L'optimisation pour le conjoint survivant

Pour le conjoint marié ou le partenaire de PACS désigné comme bénéficiaire, le PER devient un outil de transmission particulièrement efficace :

  • Exonération totale : en application de la loi TEPA, le conjoint survivant perçoit l'intégralité du capital du PER sans aucun droit de mutation.
  • Insensibilité à l'âge : contrairement aux autres bénéficiaires, cette exonération totale s'applique quel que soit l'âge du souscripteur au moment du décès (avant ou après 70 ans) et quel que soit le montant transmis. Le conjoint récupère ainsi une épargne largement subventionnée par les économies d'impôt initiales du défunt.

Bien que le PER et l'assurance-vie partagent le mécanisme de la clause bénéficiaire (hors succession), ils divergent sur un critère temporel majeur :

  • Le fait générateur : l'assurance-vie prend en compte l'âge du souscripteur au moment des versements (le seuil des 70 ans bloque les futurs abattements de 152 500 €). Le PER, en revanche, prend en compte l'âge du souscripteur au moment de son décès, peu importe quand l'argent a été épargné.
  • Le traitement après 70 ans : si le titulaire décède après 70 ans, l'intégralité du PER (y compris les sommes versées à 40 ans) bascule sous le régime de l'abattement global de 30 500 € partagé entre les bénéficiaires, hors conjoint. À l'inverse, l'assurance-vie conserve l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour tous les versements effectués avant les 70 ans de l'assuré, offrant une meilleure protection aux enfants en cas de décès tardif.

4) L'arbitrage entre PER assurantiel et bancaire

L'inconvénient du PER bancaire par rapport au PER assurantiel tient au fait que les sommes placées entrent dans l'assiette successorale. En revanche, si l'avantage successoral est secondaire pour vous par rapport à l'optimisation de la rentabilité financière, le PER bancaire offre un choix beaucoup plus large dans les supports que les PER d'assurance tout en vous accordant les mêmes avantages avec la déductibilité fiscale des versements. Le PER bancaire sélectionné par nos soins propose plus de 450 OPCVM, plus de 200 ETP/ETF dont plusieurs sur les matières premières et les cryptoactifs, plus de 120 titres vifs dont le SBF 120, des fonds structurés et un fonds de private equity.

5) Articulation avec d'autres outils patrimoniaux

Le PER s'inscrit dans une stratégie patrimoniale globale aux côtés d'enveloppes complémentaires comme l'assurance-vie luxembourgeoise, qui offre une protection juridique et une diversification financière renforcées. En cas de décès du souscripteur avant 70 ans, les capitaux du PER sont transmis aux bénéficiaires désignés avec un abattement spécifique aux droits de succession (article 990 I CGI). Côté allocation, le PER bancaire permet d'accéder à des supports plus diversifiés que le PER d'assurance, incluant des fonds de private equity adaptés à l'horizon retraite long terme.

Pour évaluer la pertinence d'un PER selon votre TMI et votre horizon de retraite, nous vous offrons un bilan patrimonial personnalisé, gratuit et sans engagement avec le dirigeant du cabinet, fort de plus de 30 ans d'expérience.

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Texte à jour au 20 juin 2026, sous réserve des évolutions législatives ultérieures.